Le blog de Kallirrhoe : pensées autour la culture de l'information

Professeure-documentaliste, je partage mes réflexions sur la profession. Veille documentaire sur les sciences de l'information, les sciences de l'éducation, les bibliothèques.

20 octobre 2011

Le républicain Lorrain

Béziers, révélateur des souffrances enseignantes publié le 20/10/2011 à 05:00  

L’immolation d’une professeure de mathématiques dans son lycée à Béziers appelle des solutions plus globales pour l’Education, selon les syndicats.

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Le «  message désespéré » de Lise Bonnafous «  était celui-ci : il faut refonder, à tout prix, une nouvelle et authentique école de la République, celle où primaient les valeurs du civisme et du travail ; celle où le professeur était au centre de tout ; celle où l’enfant du peuple pouvait devenir fils de roi ». Le père de l’enseignante qui s’est immolée par le feu la semaine dernière a tenu à expliquer le geste de la professeure de maths. Selon la sociologue Françoise Lantheaume, «  il y a des souffrances "extraordinaires", comme celle de cette femme, mais elles sont rares. Et il y a des souffrances ordinaires : les enseignants français expriment massivement des sentiments d’usure, d’impuissance et d’abandon », depuis une dizaine d’années et y compris maintenant en primaire.

En collèges et lycées, 17 % des enseignants sont touchés par le «  burn-out », un épuisement physique, mental et émotionnel, contre 11 % dans les autres professions, selon un rapport à paraître. « L’immolation se définit comme un symbole de résistance», selon des professeurs hier devant le rectorat, selon qui  on compte « 39 suicides par an pour 100 000» enseignants ou de « 40% des professeurs qui souffrent de dépression». Crise de l’autorité, classes parfois surchargées et plus hétérogènes qu’il y a 20 ans, manque de soutien de l’institution, difficultés face au rythme des réformes, manque d’organisation des enseignants en collectifs de travail… telles sont les raisons avancées pour expliquer ces sentiments de solitude.

A son arrivée au ministère en 2009, Luc Chatel avait fait de la santé et du suivi des enseignants une priorité. Mais les moyens n’ont pas été au rendez-vous, selon les syndicats. Seuls 17 des 80 médecins de prévention promis ont été recrutés, selon le Snes-FSU. «  Il y a en moyenne plus de 10 000 agents de l’Education nationale par médecin. » Ceux-ci «  ne reçoivent que les personnels en urgence », sans pouvoir faire de prévention. Au SNPDEN-Unsa, qui représente les directeurs d’établissement, on relève que «  des directeurs des relations humaines » sont arrivés «  mais n’ont pas de réponses à ce type de situation. Tout simplement parce que cela a un coût ».

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